Labo Constructeurs à Bron

Création 2010

Démolir, construire, inventer, habiter, vivre ensemble, rêver… Une maison, un toit, un immeuble, une rue, un quartier… Comment habiter, voisiner et vivre ensemble? Quels sont nos rêves, nos désirs? Que représente pour chacun "la maison"?

Comment était la maison de notre enfance? Comment sont les maisons des autres, ailleurs, ici, plus loin? Avoir un toit, un nid, un gîte… Être logé, délogé, relogé…

Maisons choisies, maisons subies, maisons hantées, maisons enracinées, maisons mobiles, nomades…

Tout au long de la saison 2010-2011, les Transformateurs travaillent sur un spectacle intitulé Les Constructeurs. Inspirée du cinéma burlesque, cette création raconte les mésaventures de trois bricoleurs du dimanche déterminés à édifier une maison en bois.

Les thèmes qui traversent ce projet - démolir, construire, habiter, vivre ensemble, rêver, inventer - font très fortement écho à l'opération de renouvellement urbain qui est à l'œuvre dans le quartier de Bron Terraillon depuis plusieurs années maintenant, et qui entre actuellement dans une phase de réalisation très concrète: démolition de la Tour Caravelle, relogements etc…

C'est pourquoi, lorsque le Centre Social Gérard Philipe a proposé aux Transformateurs de s'installer en résidence à Terraillon, la compagnie a immédiatement accepté. Les Transformateurs ont donc décidé de travailler avec les habitants du quartier autour d'un projet commun inspiré à la fois du travail de création de la compagnie mais aussi des mutations et changements qui habitent actuellement Terraillon.

C'est donc dans ce contexte qu'artistes, techniciens, habitants, personnel et usagers du Centre social ont travaillé main dans la main autour d'un projet spécialement conçu pour le quartier: Les Constructeurs à Bron. Des ateliers d'écriture, de construction, d'arts plastique et de théâtre se sont étalés de mars à juin, animés respectivement par l'auteure Fabienne Swiatly, les plasticiens Stéphane Durand et Claire Terral et le metteur en scène Nicolas Ramond.

Le 12 juin 2010, à l'occasion de Célébron, a été présenté le fruit de ce travail collectif, de ces réflexions partagées autour d'une question centrale: c'est quoi habiter?

Le visuel

L'équipe artistique

Les partenaires

Paroles du quartier

Ces textes ont été produits lors d'ateliers d'écriture menés par Fabienne Swiatly dans le cadre du projet Les Constructeurs à Bron. Certains d'entre eux ont été restitués dans le spectacle lui-même.

"Ici, c’est la famille
Ici, les enfants sont nés
Ceux qui nous délaissent
Ne savent pas comment c’est, ici

C’est la famille
On n’est pas des illettrés
On sait le prix d’ici

Experts, conseillers
Spécialistes de la démolition
Ne sont pas d’ici

On nous dit c’est compliqué
On dit à notre place
Pourtant,
On a droit à la parole
On n’est pas sans voix

Parfois on prend la rage
Ici c’est comme un village,
Ce n’est pas compliqué
Ici on ne vit pas seul
Les femmes dans le jardin
Les hommes dans le moteur des voitures
Les enfants éparpillés

De la fenêtre regarder ici
Parfois on ne veut pas tout voir
Faut rêver plus loin que les bêtises des enfants

Ceux du dehors ont peur
Mais c’est la famille ici
Les parents, les enfants, les voisins

Nos maisons, nos appartements
Pas que de la pierre
Pas que des murs
Mais des mariages
Des baptêmes
Des souvenirs

De là –bas, je suis venue ici
De Constantine, de la Croix-rousse
De l’Espagne, de Casablanca
De Vaulx-en-Velin, de Marseille,
Du Maroc, de Tunisie

On parle français, arabe, turc et de l’air du temps.
Les gâteaux qui s’échangent
Le thé qui monte les étages
S’appeler de la fenêtre

C’est ma famille ici
Voisins, voisines
La porte ouverte

C’est vrai on cherche le travail
On cherche le travail pour les enfants
C’est ça qui n’est pas bon
Ils vont démolir l’école

Ici je me suis retrouvée
La nature, les arbres,
On n’est pas enfermés dans une rue
On a juste peur d’être séparés par le chantier

Y’a le dehors
Y’a les souvenirs
Y’a les enfants
Les mariages,
Les baptêmes
Les enterrements
On ne vit pas seul, ici
On ne meurt pas seul, ici

Ici c’est la famille
J’étais contente d’arriver
J’ai beaucoup travaillé
Le printemps maintenant, on l’attend
L’Algérienne, l’Africaine, la Marocaine,
La Tunisienne, la Turque, la Française
On se débrouille
On n’est pas des illettrés
On aime les mots

On ne veut pas qu’ils cachent la misère
Mais du vivre mieux
Vivre mieux ici
Sortir les chaises
Et profiter du soleil
De la tranquillité

Les bruits courent
Les rumeurs courent
Ils ne nous entendent jamais rire

Ici, c’est leur famille,
Ici, les femmes racontent,
Les enfants jouent,
Les hommes sont ailleurs… peut-être au café Plein Ciel
Des rires circulent.
Avec des r et des a et des wala qui roulent.
Une langue que l’on voudrait partager.
Foulards sombres, foulards clairs, à paillettes ou à fleurs.
Les yeux et les bouches rient d’être là ensemble.

Ici vit un ours blanc, le saviez-vous ?
Il veille sur le quartier.

Mais vous ne pouvez pas savoir, vous n’êtes pas d’ici
C’est leur secret – ici vit un ours blanc qui porte un joli foulard à fleurs

J’ai bu le thé chaud et sucré avec les femmes de la Caravelle
J’ai bu le thé chaud et sucré ici."

Fethia Chergui, Leila Ferhati (louisa), Fatma Kbair, Noira Doukhi, Aïcha Abidi, Zohra Mokri, Irène Guillot, Messaouda Makloufi, Hadda Aiboud, Lisa - animatrice, Fabienne Swiatly - écrivain

"Celles qui tentent de dire juste avec le peu de mots à l’étroit dans la bouche, français langue étrangère. Celles qui ont laissé là-bas le père et la mère dans le jardin. Au milieu des roses, des amandiers, des abricotiers, des vignes. Les soirées à se raconter.
Dire beaucoup avec si peu
Celle qui faisait le marché à Konya, à Karaman, à Casablanca, à Ouarzazate, Biskra, Kandaha, Kasah, Batna, Tarodat, Bron. Celle qui a des souvenirs au goût d’olives, de figues, de dattes, de melons et de pastèques, Celle qui a des souvenirs au goût de figue de barbarie, de farine de blé, de poivre, de curry et de menthe sauvage.
Dire beaucoup avec si peu"
Groupe FLE, Centre social Gérard Philippe

"Une maman de 4 enfants, comblée de joie, attend toujours sa voiture pour réaliser ses rêves.
Une grand-mère de 10 petits-enfants qu’elle aime recevoir dans son appartement et les descendre au jardin d’enfants, attend l’automne pour rouler avec sa petite-fille dans les feuilles et ramasser des marrons pour lui faire de petits bonhommes.
Une française à la retraite habite rue de la Pagère, adore quand les gens partent avec leur glacière au bord de l’eau mais ne voit jamais arriver le ticket gagnant du loto."
Annie

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