Annette

Création 2013

"Je suis tombée de la main des dieux et j’ai brisé le miroir. Comment vous le raconter?"

Annette, c'est une histoire en fragments. Celle d'une enfant pas comme les autres.

A travers le miroir brisé surgissent mille reflets de son univers. Des fragments d'où s'échappent des voix. De ceux qui l’ont portée, nourrie, lavée, de ceux qui ont su voir et sentir son mystère. Des fragments d'où jaillissent ses crises, moments de désordre électrique où le corps se distord. Des images qui surgissent du passé comme des photos que l’on n’a pas faites. Et soudain la voix d’Annette nous parvient : « Regardez moi. N’ayez pas peur. Regardez moi ou je n’existe pas... ».

Pour cette nouvelle création, Nicolas Ramond et les Transformateurs abordent avec décalage et poésie la question de l'anormalité. Sur scène, le jeu, la musique et les images se croisent et esquissent un monde un peu bancal, un univers terriblement vivant où les personnages font figure de héros.

Le projet

La norme. Questionner la norme avant de s’attaquer à l’anormalité. Questionner ce qui n’entre pas dans le cadre. Oui mais, quel cadre?

L’anormalité a son propre vocabulaire. Un vocabulaire complexe, violent qui assène plus qu’il n’explique. Ainsi le mot "hypsarythmie" ou "syndrome de West" qui désignent les conflits entre la partie gauche et la partie droite du cerveau. Un mot à l’origine d’une maladie. Orpheline. Un mot à l’origine de la prochaine création des Transformateurs.

Nicolas Ramond a eu une soeur, Annette. Une enfant sans paroles, sans autonomie. Elle est le battement de coeur du spectacle. Un prétexte pour poser la question de l’anormalité.

Le rapport à la norme, l’obsession du paraître, la peur du handicap, les limites de la médecine: le cas précis d’Annette nous permet d’interroger de plus vastes territoires, sans nous perdre devant l’immensité des questionnements. Ce spectacle s’inscrit dans la droite ligne du projet artistique de la compagnie autour du thème de l’identité. Comme pour ses autres spectacles, Nicolas Ramond a choisi de traiter cette thématique grave sous un angle décalé. En s’appuyant sur les outils qu’offre la scène d’aujourd’hui.

Nicolas Ramond a proposé à l’auteure Fabienne Swiatly de mettre en texte cette création. Elle a accepté le pari d’une écriture au contact du plateau, d’un aller-retour entre la feuille blanche et le travail de recherche et de répétitions. Entourés des comédiennes Anne de Boissy et Charlotte Ramond et du guitariste Sylvain Ferlay, le metteur en scène et l’auteure ont choisi de construire le spectacle sous forme de fragments.

Un spectacle composé d’une succession de scènes comme autant d’allers-retours entre des situations de la vie quotidienne et leurs évocations allégoriques. Le spectateur sera ainsi invité à prendre de la hauteur et à dépasser le cadre du singulier pour appréhender l’universalité de ces questionnements.

Si vous souhaitez être tenus informés de l'évolution de ce projet, n'hésitez pas à nous le faire savoir!

Le visuel

Le texte

"C’est un soir, à la fin d’un repas. Au moment de se quitter on s’attarde encore un moment sur le pas de la porte. L’homme qui se tient debout devant moi, casque à la main, me parle de sa sœur. Il dit j’avais une sœur handicapée, elle avait une hypsarythmie, elle est morte à vingt-deux ans. Elle est née deux ans après moi. Je pose quelques questions sur cette sœur dont j’avais vaguement entendu parler. Il ajoute, elle s’appelait Annette et je voudrais que tu écrives un texte sur cette histoire. Écrire l’histoire d’une autre. Rencontrer le désir de création d’un autre. Je suis intimidée.

Dans la nuit, je me réveille et débute un texte que j’envoie aussitôt au metteur en scène. [...] Le lendemain, il répond: oui, c’est ça.

Alors débute l’aventure Annette avec la compagnie Les Transformateurs et Nicolas Ramond. Tenir ici, un journal de bord et partager les photos que je vais prendre régulièrement pendant les laboratoires avec la compagnie. Laisser une trace."

Fabienne Swiatly, octobre 2011
Ce qui nous pousse, Journal d'une création théâtrale

La mise en scène

"Je fabrique les spectacles pièce par pièce. Ils sont une  succession d’emboîtements et d’empilements. Ils sont une construction à plusieurs (auteure, comédiennes, musicien, éclairagiste, scénographe...).

Au départ de ce spectacle il y a Annette, une enfant pas comme les autres, et sa famille.

C’est Fabienne Swiatly qui écrit le texte de Annette en faisant le choix d’une écriture fragmentée. Comme dans un miroir brisé, le reflet d’Annette n’est jamais complet. Dans chaque éclat nous voyons une parcelle du monde d’Annette. Nous entendons des voix, des gens qui parlent d’elle, de ceux qui l’ont portée, nourrie, lavée, de ceux qui ont su voir et sentir son mystère.

Nous traversons ces crises, moments de désordre électrique où le corps se distord, se déforme. Nous entendons les voix d’Annette. Celles qui s’adressent directement à nous dans la salle : "Regardez moi. N’ayez pas peur. Regardez moi ou je n’existe pas ...". Celles qui décrivent le monde : un voyage dans la voiture qui devient son carrosse, seul espace où elle n’a pas de crise.

La mise en scène donnera corps à toutes ces voix, par les comédiennes, par la musique jouée en directe sur scène et par des images. Des images proches de l’ombre chinoise et de la bande dessinée qui donneront à imaginer les lieux, les objets. Des images souvenirs qui ressurgiront du passé comme des photos que l’on n’a pas faites mais qui sont là, quelque part dans notre tête."

Nicolas Ramond, mars 2012

L'équipe artistique

Les partenaires

La presse

"Nicolas Ramond questionne notre regard avec tact, talent et force"
Nadja Pobel, Le Petit Bulletin

"Une manière poétique de réfléchir sur l'altérité"
Lyon Capitale

Autour de la création

Lors des saisons 2011-12 et 2012-13, les Transformateurs sont en résidence au Théâtre de Vénissieux. Lors de cette période la compagnie développera plusieurs projets en relation avec sa prochaine création, Annette.

Les Dates

Montrer les dates passées

Les Photos

Les Vidéos

Télécharger

 
lastimage